LA PHYTOTHÉRAPIE

La Phytothérapie, des mots grecs Phuton: plante et Therapeia: traitement, signifie traitement par les plantes. 5000 ans avant Jésus Christ les Sumériens utilisaient déjà la phytothérapie.

Médecine mésopotamienne et magie étaient toutefois étroitement intriquées, le prêtre-médecin avait le plus souvent recours à l’hépatoscopie (lecture des oracles dans le foie des animaux sacrifiés) pour faire son diagnostic et ainsi désigner le dieu ou le mauvais esprit responsable de la maladie. Le traitement reposait sur les offrandes, les sacrifices, et les incantations. Les médecins mésopotamiens confectionnaient aussi des remèdes à partir de plantes et d’ingrédients divers.

46 siècles plus tard, le grec Hippocrate rejetant superstitions et croyances sépare la religion de la médecine. La maladie n’est plus une punition infligée par les dieux mais une conséquence de facteurs environnementaux ou alimentaires défavorables et dans le Corpus Hippocraticum nombreuses plantes sont citées en référence. Jusqu’au milieu du 19e siècle, la phytothérapie reste le principal moyen de traitement des maladies, puis l’extraction de principes actifs des végétaux rendue possible par les progrès de la science, son usage décline. Deux grands groupes de médicaments, les alcaloïdes (morphine, quinine, caféine, colchicine, codéine…) et les hétérosides (digitaline, ouabaïne …) se développent, leur emploi est très vite parfaitement maitrisé, la médecine se tournant ainsi vers l’utilisation de médicaments de synthèse.

La phytothérapie moderne connait un regain d’intérêt de la part du public. Plus de 800.000 espèces végétales poussent sur la surface du globe, l'O.M.S. a répertorié plus de 22000 plantes médicinales, environ 1200 plantes sont inscrites à la pharmacopée française. Les plantes médicinales sont utilisées sous différentes formes: tisanes, extraits (nébulisats, phytols, phytosols) teintures, alcoolatures, alcoolats, hydrolysats, intraits, poudres, huiles essentielles, sirop, sucs, pommades, élixirs, suspensions. La phytothérapie peut être utilisée dans de nombreuses indications allant du traitement de la douleur jusqu’à celui des maladies infectieuses en passant par le traitement des affections broncho-pulmonaires, cardiovasculaires, gastro-intestinales, hépato-biliaires, urinaires, génitales, endocriniennes, neuro-logiques et psychiatriques.

Le recours à la phytothérapie doit toutefois être prudent et raisonné. En effet, certaines plantes sont toxiques, contenant par exemple un alcaloïde, leur toxicité est identique au surdosage médicamenteux correspondant (belladone, colchique, curare, digitale, pavot, saule). Pour d’autres plantes, le risque est digestif (gingembre, lierre, sureau, iris) entrainant douleurs abdominales, vomissements et diarrhée. Parfois la diarrhée peut être plus grave (ricin, bourdaine, séné, aloès) L’atteinte neurologique est assez fréquente après la prise de végétaux toxiques, allant de la simple ivresse, jusqu’à la somnolence (anis, eucalyptus, gentiane, houx) voire les convulsions (renoncule, thuya, romarin).

Mais que l'on se rassure, des médecins formés à la phytothérapie sont aptes à prescrire les traitements les mieux adaptés, les plus efficaces et sans danger.

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