Syndrome du cœur brisé, le « Tako-Tsubo » à prendre au sérieux !



Pour les hommes, et plus encore pour les femmes, les conséquences d’une rupture sentimentale entraînent des modifications importantes au quotidien (changement de résidence, garde alternée…). Elle s’accompagne souvent d’une baisse du niveau de vie et d’un stress émotionnel aigu potentiellement nuisible à la santé cardiaque.


Coeur brisé(c)Getty images

La Fédération Française de Cardiologie alerte sur les effets du stress émotionnel qui peuvent déclencher le syndrome du cœur brisé (ou cardiomyopathie de stress) « le Tako-Tsubo » et provoquer des symptômes graves, proches de l’infarctus.


Le Tako-Tsubo, syndrome cardio-vasculaire méconnu

Maladie aigüe du muscle cardiaque, elle a été décrite pour la première fois au Japon dans les années 1990. Tako-Tsubo veut dire « piège à poulpe » en japonais. Encore largement méconnue, elle peut se révéler mortelle. Des chercheurs de l’université de Zurich ont publié ces conclusions : le taux de mortalité de la maladie de Tako-Tsubo (3,7%) serait presque aussi élevé que celui des crises cardiaques dues à un infarctus du myocarde (5,3%) ; Il concerne environ 2% des hospitalisations pour infarctus du myocarde, et son diagnostic sera un diagnostic d’élimination une fois l’infarctus écarté par l’angiographie des coronaires.


Selon cette étude, les chocs émotionnels (perte d’un être cher, rupture amoureuse…) souvent associée à une fatigue intense (épuisement moral et physique) sont des facteurs déclencheurs du Tako-Tsubo dans 27,7% des cas. Les femmes en sont les premières victimes car leurs artères, particulièrement sensibles aux effets du stress, se spasment plus facilement.


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Lors de la séparation, les hommes et femmes connaissent un pic accru de stress lié au changement brutal de statut. La baisse du niveau de vie peut être de l’ordre de 20% pour les femmes et de 3% pour les hommes. La mère, dans 75% des cas, a la garde des enfants et risque particulièrement d’être touchée par la précarité (40% des familles monoparentales avec enfants mineurs vivent sous le seuil de pauvreté (Source Insee). Enfin, la personne qui subit la rupture peut rapidement souffrir d’isolement.


La Fédération Française de Cardiologie rappelle que les personnes seules ou privées de relations sociales sont 2 fois plus susceptibles de développer des pathologies cardio-vasculaires que celles ayant des liens sociaux et affectifs.


Les femmes ménopausées, premières victimes du « cœur brisé »

Le Tako-Tsubo touche essentiellement les femmes après la ménopause (9 femmes pour 1 homme). Ceci s’explique par le fait qu’elles ne sont plus protégées par leurs hormones relaxantes : les œstrogènes. « Parmi les symptômes, beaucoup peuvent évoquer une crise cardiaque : essoufflement brutal, douleur brutale dans la poitrine, arythmie, perte de connaissance, malaise vagal » rappelle le professeur Claire Mounier-Vehier, Présidente de la Fédération Française de Cardiologie.

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Cependant ce syndrome n’est pas provoqué par une obstruction classique des artères coronaires, qui amènent le sang au cœur. Une partie du cœur, sous l’effet d’une libération massive d’hormones du stress -les catécholamines-, ne se contracte quasiment pas. Il se ballonne et prend une forme d’amphore.


Il peut s’en suivre des troubles du rythme ventriculaires parfois graves avec menace de mort subite, une insuffisance cardiaque aigüe, des caillots de sang dans le cœur inerte qui peuvent ensuite migrer dans la circulation sanguine et provoquer d’autres accidents artériels (accident vasculaire cérébral par exemple).

Les chercheurs ne peuvent pas encore expliquer pourquoi cette maladie semble toucher essentiellement les femmes ménopausées. L’implication des récepteurs aux œstrogènes spécifiques chez la femme est toutefois mise en avant par nombre d’entre eux. En revanche, le mécanisme du Tako-Tsubo est désormais connu. Il s’agit d’une paralysie transitoire d’une grosse partie du cœur due à une action directe des hormones du stress sur les récepteurs du muscle cardiaque, associé dans 2% des cas à un spasme des grosses artères du cœur et de la microcirculation.

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Le dépistage du syndrome et sa prise en charge à ne pas sous-évaluer !

« Une femme de plus de 50 ans, ménopausée, en situation de rupture, ne doit surtout pas sous-estimer les premiers symptômes liés à un stress émotionnel aigu. Le syndrome de Tako-Tsubo mime un infarctus du myocarde et le diagnostic sera le plus souvent porté après une batterie d’examens complémentaires dont l’angio coronarographie fait en urgence. Certains parlent d’ailleurs de « faux infarctus de stress » ajoute le professeur Claire Mounier-Vehier.


La prise en charge

La Fédération Française de Cardiologie rappelle qu’il est important de consulter et d’avertir son médecin, son gynécologue ou son cardiologue. L’appel du 15 est primordial.

Elle doit être rapide en unité de soins intensifs cardiologiques, avec une prise en charge comparable à celle de l’infarctus du myocarde. L’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque et les tests sanguins (dosages répétés de la troponine) peuvent ne pas suffire à différencier formellement en urgence l’infarctus du myocarde et le syndrome du cœur brisé. Une angio coronarographie avec étude du ventricule gauche et une IRM cardiaque (constatant des lésions spécifiques) sont indispensables pour conforter le diagnostic.

Le traitement médical de cette insuffisance cardiaque aigüe doit être instauré en urgence au moment de l’épisode initial en associant une prévention des complications. Il sera poursuivi quelques mois sous stricte surveillance du cardiologue et du médecin traitant jusqu’à la récupération, souvent complète, de la fonction du cœur.


Combattre le stress pour garder un cœur en bonne santé

La FFC a mis à la disposition de tous la brochure « Cœur et Stress » où vous trouvez une mine d’informations et de conseils de prévention. A télécharger sur http://fedecardio.org/

http://jaimemoncoeur.fedecardio.org

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